L’estime de soi et la confiance en soi

Par Véronique Bérard, Art-thérapeute. M.A. ATPQ.

Aujourd’hui je souhaite démystifier ces deux concepts clés qui suscitent souvent des questionnements. Comment distinguer l’estime de soi et la confiance en soi ? Pourquoi on en manque, et comment peut-on y remédier ?

D’une part, l’estime de soi réfère à notre valeur, celle que l’on ressent à l’intérieur de soi. Un manque d’estime ressemble donc à un sentiment de dévalorisation (ex : « je suis nulle, je ne vaux pas grand-chose, je ne sais pas ce que l’on me trouve, je ne mérite pas de… » etc). L’estime de soi est donc liée à notre construction identitaire, à l’image que l’on a de soi, que l’on porte sur soi. Elle est liée à qui l’on est et non à ce que l’on fait. Les ressentis liés à une faible estime proviennent souvent de liens défaillants, de transactions dévalorisantes, voire de situations qui ont pu générer des blessures narcissiques : abandon, trahisons, négligence, traumas, relations déficientes ou toxiques,etc. Les causes peuvent donc être nombreuses.

Améliorer l’estime de soi nécessite une remise en question de nos croyances, (sur nous et sur les autres), et de nos valeurs (ex : « pour valoir quelque chose il faudrait que je sois… »). On peut donc renforcer l’estime de soi en travaillant l’image de soi, en trouvant nos qualités intrinsèques, et par l’amour inconditionnel. Les enfants qui ont été aimés comme ils étaient sont plus susceptibles d’avoir une bonne estime personnelle : « Je t’aime parce que tu es là, tu n’as pas à être ceci ou cela pour être aimé ».  Cependant, avoir une bonne estime ne garantit pas que l’on aura une bonne confiance en soi (et vice versa). On peut se sentir « valable » mais manquer de confiance en soi.

De fait, la confiance en soi réfère davantage à l’action (comportements, compétences). Elle renvoie donc aux compétences que l’on sent avoir ou non (techniques, émotionnelles, cognitives, relationnelles, créatives, etc.). Elle se manifeste par notre façon de faire des choses, de prendre des risques, de résoudre des problèmes, de choisir et de s’affirmer. Un manque de confiance peut donc nous paralyser devant des choix à faire, devant un problème à résoudre, nous amener à éviter de faire quelque chose par peur de rater notre coup. (ex : « je ne suis pas capable, je ne vais pas y arriver, ça ne fonctionne jamais de toute façon, il y en a des biens meilleurs que moi… » etc.). Le manque de confiance peut provenir d’environnements compétitifs, exigeants (attentes élevées ou irréalistes), perfectionnistes, et/ou qui poussent à la comparaison. Mais il peut aussi provenir d’un environnement trop soutenant, trop aidant, où l’enfant, par exemple, n’a pas pu faire des choses par lui-même, expérimenter, se tromper et recommencer. Enfin, le manque de confiance peut aussi provenir de contextes et d’expériences de vie (ex :avoir vécu un ou plusieurs échecs dans un domaine). Le manque de confiance peut donc être ponctuel (je n’ai pas développé telle ou telle compétence), périodique, ou fluctuer dans le temps et selon nos défis. La meilleure façon de développer sa confiance est de passer à l’action, de se laisser le temps et le droit d’apprendre, de vivre des expériences, de voir nos échecs comme des apprentissages, et aussi de faire des choix en lien avec les forces que l’on sait posséder.

En terminant, gardons à l’esprit que tous les humains ont des défis plus ou moins grands à relever dans ces deux sphères de leurs vies, cela malgré les apparences !

Véronique Bérard

Art-thérapeute

M.A., ATPQ.

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