Le groupe en Art-thérapie

L’art-thérapie de groupe et ses facteurs thérapeutiques Par Véronique Bérard, Art-thérapeute. M.A. ATPQ. Aujourd’hui j’aimerais répondre à la question qu’on me pose souvent « C’est quoi l’art-thérapie de groupe? » Le groupe d’art-thérapie fermé consiste en une série de rencontres semi-dirigées dans lesquelles je propose des créations en fonction des besoins des personnes présentes. Les séances typiques comportent une période de création individuelle suivie d’une période de partage en groupe. Le groupe est « fermé », ainsi on doit y participer assidument et l’on n’y accueille pas de nouvelles personnes en cours de route. Ce type de groupe permet de créer un sentiment d’appartenance, d’encourager la profondeur, l’intimité et le sentiment de sécurité. Le groupe ouvert, pour sa part, est un groupe de type « studio libre ». Les personnes ne sont pas toujours les mêmes, la création n’est pas dirigée, chacun travaille à son rythme sur une création. Pourquoi venir en art-thérapie de groupe? Irvin Yalom, professeur de psychiatrie à l’Université Stanford, s’est intéressé aux mécanismes d’action de la thérapie de groupe en contexte psychiatrique. Il a identifié des facteurs thérapeutiques inhérents au groupe, facteurs que j’ai largement observés dans les groupes d’art-thérapie. Premièrement, le groupe insuffle de l’espoir. En effet, les chercheurs ont constaté au fil de leurs observations cliniques qu’il est plus facile de nourrir l’espoir en groupe qu’individuellement. Ensuite, le groupe nous aide à découvrir l’universalité de l’expérience, à réaliser que nous ne sommes pas seuls à avoir de tels ressentis, pensées, difficultés et souffrances, ce qui apporte du soulagement. Ensuite, le partage (donner et recevoir des rétroactions) permet de se sentir utile aux autres (altruisme), ce qui est gratifiant. Le groupe nourrit les aspects sociaux et relationnels : apprendre de l’expérience et du vécu des autres, partager des informations, apprendre de nouvelles façons d’être en relation, être plus conscient de soi et de ses besoins, apprendre de nouveaux comportements. Indéniablement, le groupe brise notre sentiment d’isolement, qui est souvent présent lorsque l’on vit des difficultés et des souffrances. La cohésion qui s’installe au sein du groupe nous permet de nous sentir relié, en sécurité et soutenu. Enfin, dans un groupe d’art thérapie l’aspect cathartique est également présent : partager son monde intérieur (ressentis) avec d’autres personnes apporte non seulement du soulagement, mais nous aide à mieux comprendre et gérer nos émotions. Par ailleurs, Bruce Moon, art-thérapeute spécialiste du groupe, nous dit que la présence de l’art vient greffer de nombreux avantages aux groupes de thérapie. En effet, selon lui l’art facilite la communication et permet même une communication méta verbale, c’est-à-dire au-delà des mots. Cela facilite la compréhension de soi et d’autrui. Cette communication enrichie provient de la multiplication des interactions entre les matériaux, les participants, l’art-thérapeute et les œuvres crées. L’art est un outil de communication en soi, et nous gardons des traces de ces expériences grâce aux œuvres. De plus, l’art engendre un sentiment de satisfaction, qui à son tour augmente l’estime personnelle. Finalement, créer en compagnie d’autres personnes génère la plupart du temps une énergie positive et un sens de la communauté, sources de guérison. Tout comme Bruce Moon,je peux témoigner de la puissance que procure l’expérience de créer en groupe. Au plaisir de vous y voir! Sources : https://books.google.ca/books/about/Art_based_Group_Therapy.html; https://nospensees.fr/theorie-des-groupes-de-yalom-le-collectif-peut-etre-guerisseur/ Article précédent Véronique Bérard Art-thérapeute M.A., ATPQ. Facebook Envelope © 2026 Artthérapievéroniquebérard.ca Tous droits réservés
L’estime de soi et la confiance en soi

L’estime de soi et la confiance en soi Par Véronique Bérard, Art-thérapeute. M.A. ATPQ. Aujourd’hui je souhaite démystifier ces deux concepts clés qui suscitent souvent des questionnements. Comment distinguer l’estime de soi et la confiance en soi ? Pourquoi on en manque, et comment peut-on y remédier ? D’une part, l’estime de soi réfère à notre valeur, celle que l’on ressent à l’intérieur de soi. Un manque d’estime ressemble donc à un sentiment de dévalorisation (ex : « je suis nulle, je ne vaux pas grand-chose, je ne sais pas ce que l’on me trouve, je ne mérite pas de… » etc). L’estime de soi est donc liée à notre construction identitaire, à l’image que l’on a de soi, que l’on porte sur soi. Elle est liée à qui l’on est et non à ce que l’on fait. Les ressentis liés à une faible estime proviennent souvent de liens défaillants, de transactions dévalorisantes, voire de situations qui ont pu générer des blessures narcissiques : abandon, trahisons, négligence, traumas, relations déficientes ou toxiques,etc. Les causes peuvent donc être nombreuses. Améliorer l’estime de soi nécessite une remise en question de nos croyances, (sur nous et sur les autres), et de nos valeurs (ex : « pour valoir quelque chose il faudrait que je sois… »). On peut donc renforcer l’estime de soi en travaillant l’image de soi, en trouvant nos qualités intrinsèques, et par l’amour inconditionnel. Les enfants qui ont été aimés comme ils étaient sont plus susceptibles d’avoir une bonne estime personnelle : « Je t’aime parce que tu es là, tu n’as pas à être ceci ou cela pour être aimé ». Cependant, avoir une bonne estime ne garantit pas que l’on aura une bonne confiance en soi (et vice versa). On peut se sentir « valable » mais manquer de confiance en soi. De fait, la confiance en soi réfère davantage à l’action (comportements, compétences). Elle renvoie donc aux compétences que l’on sent avoir ou non (techniques, émotionnelles, cognitives, relationnelles, créatives, etc.). Elle se manifeste par notre façon de faire des choses, de prendre des risques, de résoudre des problèmes, de choisir et de s’affirmer. Un manque de confiance peut donc nous paralyser devant des choix à faire, devant un problème à résoudre, nous amener à éviter de faire quelque chose par peur de rater notre coup. (ex : « je ne suis pas capable, je ne vais pas y arriver, ça ne fonctionne jamais de toute façon, il y en a des biens meilleurs que moi… » etc.). Le manque de confiance peut provenir d’environnements compétitifs, exigeants (attentes élevées ou irréalistes), perfectionnistes, et/ou qui poussent à la comparaison. Mais il peut aussi provenir d’un environnement trop soutenant, trop aidant, où l’enfant, par exemple, n’a pas pu faire des choses par lui-même, expérimenter, se tromper et recommencer. Enfin, le manque de confiance peut aussi provenir de contextes et d’expériences de vie (ex :avoir vécu un ou plusieurs échecs dans un domaine). Le manque de confiance peut donc être ponctuel (je n’ai pas développé telle ou telle compétence), périodique, ou fluctuer dans le temps et selon nos défis. La meilleure façon de développer sa confiance est de passer à l’action, de se laisser le temps et le droit d’apprendre, de vivre des expériences, de voir nos échecs comme des apprentissages, et aussi de faire des choix en lien avec les forces que l’on sait posséder. En terminant, gardons à l’esprit que tous les humains ont des défis plus ou moins grands à relever dans ces deux sphères de leurs vies, cela malgré les apparences ! Source : https://conpsyance.fr/2023/10/13/le-triangle-de-la-confiance-assertivite-confiance-et-estime-de-soi/ Article précédentArticle suivant Véronique Bérard Art-thérapeute M.A., ATPQ. Facebook Envelope © 2026 Artthérapievéroniquebérard.ca Tous droits réservés
Viktor Frankl

« Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie », de Viktor Frankl Par Véronique Bérard, Art-thérapeute. M.A. ATPQ. J’aimerais vous parler de cette lecture que j’ai aimée. Frankl est un médecin et psychiatre qui a vécu malgré lui dans des camps de concentration. De cette expérience, il a tiré des réflexions sur le sens de la vie et le sens de la souffrance qu’il décrit dans son livre. Ce que je trouve important dans son récit, c’est son observation de certains prisonniers qui arrivaient encore à trouver un sens profond à leur existence, malgré l’extrémité de la situation.Pour certains d’entre eux, c’était une chose qu’ils voulaient accomplir avant leur mort (un projet); pour d’autres, c’était l’espoir de revoir une personne importante (l’amour). Les plus meurtris de ces prisonniers développaient parfois une dignité et une profondeur spirituelle à travers des souffrances inévitables. Ainsi, on peut trouver le sens de la vie de trois façons différentes, selon la logothérapie : à travers une œuvre ou une bonne action (accomplissement), en faisant l’expérience de quelque chose ou de quelqu’un (amour), et troisièmement par son attitude envers une souffrance inévitable, qu’il appelle la dignité. À propos de l’accomplissement, il a été observé qu’il n’est pas nécessaire de réaliser de grandes choses dans la vie pour que celle-ci ait un sens, car l’expérience est aussi valable que la réalisation, et elle nous oblige à mettre davantage l’accent sur le monde intérieur de l’expérience que sur le monde extérieur de l’accomplissement. Dans un monde où la performance et l’accumulation matérielle sont souvent plus valorisés que l’expérience intérieure, il est bon de se le rappeler. Aussi, la logothérapie considère qu’une personne souffrante ou dans une situation désespérée peut se transformer. Cependant, dans nos sociétés modernes il est souvent difficile de trouver un sens à nos souffrances, car les injonctions au bonheur nous invitent à fuir les aspects douloureux de la vie à tout prix. Frankl ne fait pas l’apologie de la souffrance, mais il affirme que lorsqu’elle est présente ou inévitable elle peut ennoblir la personne qui la vit en la rendant consciente de la dimension spirituelle de l’existence. Cette conscience peut la rendre digne de son expérience personnelle au lieu de la rendre honteuse et encore plus brisée par son malheur. Finalement, Viktor Frankl nous raconte que ce que devenait le prisonnier dans un camp était le résultat d’une décision intérieure et non des circonstances auxquelles il était soumis. « Tout homme peut, même dans des circonstances pénibles, choisir ce qu’il deviendra—moralement et spirituellement. On peut garder sa dignité dans un camp de concentration ». J’ai trouvé cette lecture saisissante et bénéfique. Article précédentArticle suivant Véronique Bérard Art-thérapeute M.A., ATPQ. Facebook Envelope © 2026 Artthérapievéroniquebérard.ca Tous droits réservés
Pleine présence

Commentaire sur le livre « La méditation pleine présence. Les sept voies d’accès à la chaleur humaine » Par Véronique Bérard, Art-thérapeute. M.A. ATPQ. Dans les dernières années, nous avons vu une philosophie des soins se développer autour des concepts de pleine conscience, de pleine présence et de méditation. Les recherches au sujet des bienfaits de la méditation sont unanimes; la méditation contribue au bien-être mental, émotionnel et physique. Ce qui distingue le livre de Danis Bois et Isabelle Eschalier, c’est la notion de présence corporelle. En tant que céramiste et art-thérapeute, le sujet du corps et de son rôle dans la guérison émotionnelle m’interpelle depuis longtemps. En réalité, ce livre confirme une fois de plus que le corps participe bel et bien à la guérison des états physiques, mentaux et émotionnels. En réalité, le corps n’est pas « une chose » à part, mais il est cette partie physique de notre « être », non séparé du psychisme. Les auteurs nous invitent à ajouter à la pleine présence la dimension relationnelle, celle que l’on entretient avec soi-même et qui commence par la présence à ses ressentis corporels internes (proprioception et perception intéroceptive) : « Cette plongée dans l’intériorité confirme le propos de William James, pour qui ‘tout champ de conscience est d’abord un état ou une disposition du corps’ » (p.40). Ainsi, selon les auteurs, comme pour bien d’autres avant eux, les pensées et les ressentis sont tributaires de nos systèmes sensoriels et moteurs (ce qui explique aussi, notamment, le pouvoir du mouvement, de l’art et de la musique sur nous). Coupés de ce sixième sens, de cette conscience corporelle, nous sommes coupés d’une grande partie de notre vécu, d’une dimension essentielle de notre présence au monde. Nous sommes aussi coupés, pour la plupart d’entre nous, de nos capacités de mobilisation, de notre vitalité et de notre qualité d’existence. Au surplus, les auteurs expliquent que notre capacité relationnelle est proportionnelle à notre capacité à être en relation avec soi. Mais qu’est-ce qu’implique cette relation à soi, cette présence qualitative à soi-même ? Quelles sont les voies d’accès à la chaleur humaine dont parlent les auteurs ? Pour répondre à ces questions, je vous invite chaleureusement à explorer ce livre ! Sources : https://books.google.ca/books?id=ys3XDwAAQBAJ; https://www.beauxarts.com/grand-format/lart-est-il-bon-pour-la-sante/ Article précédentArticle suivant Véronique Bérard Art-thérapeute M.A., ATPQ. Facebook Envelope © 2026 Artthérapievéroniquebérard.ca Tous droits réservés
Connaissez-vous la salutogenèse ?

Connaissez-vous la salutogénèse ? Par Véronique Bérard, Art-thérapeute. M.A. ATPQ. La salutogénèse est un concept développé par un sociologue du 20ième siècle, Aaron Antonovsky. Ce dernier s’est posé une question : « Pourquoi les êtres humains restent-ils en bonne santé malgré certaines conditions défavorables et événements critiques de leur vie ? ». Il a été plus intéressé par les facteurs contribuant à la santé qu’à la maladie, donc aux raisons pour lesquelles les êtres humains sont en santé et ne tombent pas nécessairement malades, mêmes dans certaines conditions difficiles. La salutogénèse est donc l’étude des facteurs qui contribuent à la santé (incluant la santé mentale), et est le contraire de la pathogénèse, qui est l’étude des facteurs menant à la maladie. La salutogénèse se pose donc cette question : d’où vient la santé ? Comment peut-elle être invitée, renforcée, maintenue ? Antonovsy étudia entres autres des survivantes de l’holocauste ou des personnes ayant vécu des situations difficiles, se demandant comment certaines d’entre elles avaient réussi à demeurer en santé malgré des stress énormes et des traumatismes. Pour ce chercheur la santé et la maladie sont les deux extrémités d’un continuum, sur lesquels les individus peuvent se déplacer pendant leur vie. Les individus se trouvant sous tensions (facteurs de stress) peuvent se diriger soit vers le pôle pathogène (maladie) ou soit vers le pôle de salutogènèse (santé). La médecine actuelle a étudié énormément les raisons pour lesquelles notre santé se détériore (traumatismes, conditions de vie difficiles, stresseurs, carences, etc), mais peu les conditions de la santé (ressources intérieures et extérieures, facteurs intérieurs et extérieurs qui produisent la santé). Deux concepts clés alimentent sa théorie : la cohérence, qui est définie comme la compréhension de soi et de ce qui se passe autour de soi, la capacité de contrôle sur sa vie et le sentiment que les choses ont un sens, une signification. Le deuxième concept est celui de « ressources de résistance générale ». On parle ici des ressources intérieures et extérieures. Ce qui ressort d’important n’est pas la quantité de ressources présentes, mais la capacité de la personne d’utiliser les ressources qui sont présentes. La salutogénèse est donc une façon de voir la santé et la maladie. On considère les ressources, les forces, les compétences et les capacités des individus. Cette approche a inspiré des approches positives en santé et en santé mentale, telle la résilience ou l’autoefficacité. C’est une perspective qui nous invite à réfléchir et à agir sur ce qui fonctionne, sur les conditions qui font que nous sommes en santé, qui renforcent notre santé et nous aident à la maintenir. En ces temps particuliers pour la santé de chacun, cette perspective sur la santé mentale peut nous aider à accroitre notre conscience de ce qui fait partie de nos ressources. Sources : https://www.researchgate.net/publication/312211439_Pour_une_promotion_de_la_sante_La_salutogenese; https://www.pulaval.com/produit/la-salutogenese-petit-guide-pour-promouvoir-la-sante; https://www.quint-essenz.ch/fr/topics/1249 Article précédentArticle suivant Véronique Bérard Art-thérapeute M.A., ATPQ. Facebook Envelope © 2026 Artthérapievéroniquebérard.ca Tous droits réservés
Qu’est-ce que la créativité ?

Qu’est-ce que la créativité ? Par Véronique Bérard, Art-thérapeute. M.A. ATPQ. La créativité est un concept qui a été visité par de nombreux psychologues, coachs, managers et même scientifiques. Sans examiner les théories de la créativité, j’aimerais parler de ce qui la rend importante. La créativité est une fonction intérieure qui est centrale dans notre façon d’aborder la vie. Également, elle fluctue; elle est présente à certains moments plus qu’à d’autres, et elle peut être stimulée et encouragée. Mais à quoi ressemble la créativité, et à quoi nous sert-elle ? La créativité est un processus mental qui viendrait d’associations entre des perceptions, des mots, des souvenirs, des émotions et des sensations. Il y a des types de créativité et des phases à la créativité, qui diffèrent selon les auteurs. La créativité nécessiterait, selon toute vraisemblance, la participation des fonctions conscientes mais principalement inconscientes de notre cerveau. À ce propos, combien de scientifiques ont résolu un problème lors de leur sommeil, ce moment où le conscient ne tente plus de tout maitriser rationnellement mais lâche enfin prise ? L’une des caractéristiques de la créativité est « la capacité de détruire les anciennes attitudes pour laisser la place à de nouvelles ». Elle est donc une recherche d’alternatives et de solutions. La créativité naitrait de nos ressources intérieures et de notre désir de croissance, c’est pourquoi elle est, contrairement aux mythes à son propos, liée au rétablissement et à la santé mentale : « La source principale de la créativité semble être cette même tendance dont nous découvrons la présence profonde – et que nous décrivons comme la puissance curative en psychothérapie – cette tendance de l’homme qui le pousse à s’auto-actualiser, à devenir son potentiel […] (Rogers, 1961) ». La créativité est donc d’une importance capitale pour la guérison et la transformation. Cependant, il y a des obstacles à la créativité, qui réfèrent à la paralysie : le conformisme, vouloir plaire aux autres (et avoir peur de déplaire), être perfectionniste, être enlisé dans une routine…Il est pourtant possible de la remettre en route. En se donnant le droit d’expérimenter et de faire des erreurs (ex : essayer une recette et la rater !), en prenant des risques (faire une chose pour la première fois), en cultivant une attitude d’ouverture et de curiosité (ex : apprendre sur un nouveau sujet), en faisant preuve d’empathie envers soi-même et les autres, et en voulant s’affirmer (par l’agir, qui est un acte d’affirmation : choisir, changer des choses de place, manipuler des matériaux, etc.). Je vous souhaite une saison pleine de créativité ! Sources : https://www.cairn.info/revue-approche-centree-sur-la-personne-2008-2-page-74.htme-et-estime-de-soi/; https://www.psychologies.com/Therapies/Developpement-personnel/Epanouissement/Articles-et-Dossiers/Devenez-creatif/Etre-creatif-c-est-ajouter-de-la-vie-a-la-vie Article précédentArticle suivant Véronique Bérard Art-thérapeute M.A., ATPQ. Facebook Envelope © 2026 Artthérapievéroniquebérard.ca Tous droits réservés
L’interprétation d’images en Art-thérapie

Pourquoi l’Art-thérapie n’est pas synonyme d’analyse d’images Par Véronique Bérard, Art-thérapeute. M.A. ATPQ. Tel que promis dans mon dernier article, aujourd’hui je vais vous parler de l’interprétation d’images en art-thérapie. Souvent on me demande en rencontre « Dis-moi ce que cela veut dire, ce que tu vois dans mon image ». Je dois ensuite retourner cette question : « Je ne sais pas. Et toi, que vois-tu dans cette image ?». Étrangement, l’interprétation est un mythe bien ancré lorsque l’on pense à l’art-thérapie. Ce mythe provient entre autres de « l’art des fous », c’est-à-dire de l’art provenant des asiles psychiatriques de la fin du 19ième siècle et du début du 20ième siècle. À l’époque, des psychiatres tentaient d’analyser et de comprendre certains patients à travers leurs productions artistiques. Parallèlement, ce fut aussi le cas avec le développement de la psychanalyse (Freud), qui tentait d’extraire des généralités diagnostiques à partir des rêves et de leurs symboles. Dès lors, dans l’histoire de la psychiatrie et de la psychologie, nombre de tests projectifs ont été développés pour comprendre ou diagnostiquer. Pour ma part, et pour la majorité des arts-thérapeutes, interpréter une image demande beaucoup de prudence, d’expérience et de sensibilité, et n’est pas vraiment indiqué! Pourquoi, direz vous ? Incontestablement, il est vrai que l’art-thérapeute travaille avec le langage visuel, qui est l’expression de contenus intérieurs, particulièrement dans un cadre thérapeutique. Il développe une sensibilité envers ce langage. Cependant, pour que l’art-thérapeute soit un spécialiste des images et des symboles, cela impliquerait notamment que ce langage soit universel, ce qui n’est pas le cas. L’exemple le plus limpide est la façon dont les cultures du monde perçoivent les couleurs et les utilisent. Par exemple, pour nous en occident le blanc est synonyme de pureté et est souvent associé au mariage, mais pour les cultures asiatiques le blanc est associé à la mort et est la couleur des funérailles. Le blanc peut aussi avoir une connotation personnelle, être perçu et ressenti très différemment pour chacun (le calme, le vide, l’absence, le froid, la stérilité, etc). Il n’y a donc pas qu’une seule interprétation de possible, mais plusieurs. C’est pourquoi je dis parfois qu’il n’y a pas de livres de recettes qui disent que les images expriment ceci ou cela, que les symboles, les couleurs, les lignes ou les formes ont un sens universel. Les images sont uniques tout comme les personnes qui les créent et le contexte dans lequel elles sont créés. Conséquemment, l’art-thérapeute avisé est conscient que ce qu’il voit dans une image ou que sa façon de l’interpréter est teinté de ses propres projections. Pour émettre des hypothèses, il faut mettre en lien plusieurs informations, dont les processus de création, le langage non verbal et verbal, etc. C’est pourquoi le rôle de l’art-thérapeute est d’apprendre à se familiariser non seulement avec le langage visuel de la personne qu’elle accompagne, mais aussi avec toutes ses façons de communiquer, ses perceptions, sa capacité d’introspection (etc), et observe ce que la personne comprend de sa propre réalité, ou de son « image du monde ». Cela implique d’être dans l’accueil et l’exploration plutôt que de trouver des réponses toutes faites à offrir (tel un « expert » des images ou de la psyché). En vérité, l’image a son propre langage, qui n’a rien à voir avec le langage verbal (vocabulaire, syntaxe, lexique). Paul Watzlawick, psychologue, psychothérapeute et chercheur sur la communication, distingue deux formes de langages. Le langage digital (verbal, axé sur la logique et les faits) et le langage analogique, (non verbal, axé sur les perceptions, les ressentis et les émotions). Watzlawick insiste pour laisser le langage analogique (non-verbal) parler dans son propre langage et ne pas tenter de le traduire, lorsque ce que l’on recherche est un changement qui relève de l’hémisphère droit, ou de cette dimension de la réalité : l’image du monde, les affects, la dimension relationnelle, etc. Ce n’est pas simple dans une société dominée par le langage verbal/digital et l’hémisphère gauche! Néanmoins, au cours de leur formation et dans leur pratique, les art-thérapeutes apprennent à apprivoiser le mystère et l’incertitude qui règne autour de ce langage. Cette ambigüité est paradoxale; elle peut être inconfortable pour l’art-thérapeute et/ou le client, mais elle permet justement l’ouverture envers les dimensions occultées ou enfouies de l’expérience, …..au lieu de créer une réduction et une fermeture. Cette posture qui cherche à rester en suspend et en contact avec le langage analogique (l’image, le ressenti, la subjectivité) peut parfois sembler contre-productive, mais elle permet au contraire de mettre en mouvement ce que les thérapies verbales n’arrivent pas toujours à faire. Ainsi, l’une des approches les plus pertinentes en art-thérapie est l’approche phénoménologique (Betensky). Comme le précise Albertini, l’approche phénoménologique cherche à « voir » avant d’interpréter, donc à décrire ce que l’on voit : « D’abord, décrire ce qui est là : les formes, les couleurs, les lignes, les textures, ce qui est présent et ce qui est absent. Cette première étape court-circuite le réflexe interprétatif et ouvre un espace d’observation pure. La personne, en articulant ce qu’elle voit, entre en contact avec son œuvre de manière nouvelle. Elle devient observatrice de sa propre expression. C’est là que la porte de son univers intérieur s’ouvre. Puis, dans un second temps, viennent le ressenti, la subjectivité, et éventuellement, du sens. Cette progression permet de court-circuiter l’impulsion d’expliquer : « j’ai dessiné ça, donc ça veut dire que… ». L’invitation à regarder ralentit le processus. Elle crée de l’espace entre l’acte de créer et l’acte de comprendre. C’est dans cet espace que quelque chose peut émerger, qui n’était pas forcément attendu ». De cette façon, on peut dire que l’art-thérapeute évite de prendre des raccourcis et résiste à donner des réponses toutes faites, en premier lieu pour créer une ouverture, ensuite pour que la personne qu’elle accompagne s’approprie son univers. Il développe une posture de curiosité, de sensibilité, et devient idéalement un observateur et un explorateur curieux. C’est aussi ce que nomme Albertini en évoquant Tobin (2001) :
Démystifier l’Art-thérapie

Démystifier l’art-thérapie Par Véronique Bérard, Art-thérapeute. M.A. ATPQ. Aujourd’hui je vais vous parler de ma profession, car elle est assez méconnue et semble souvent énigmatique. L’art thérapie est une profession de relation d’aide à la jonction entre l’art (création, créativité) et la thérapie (psychologie, psychothérapie). Les art-thérapeutes sont formés en psychologie et en art. Ils apprennent à mettre en place un cadre sécuritaire et à faire appel aux processus créatifs pour favoriser le cheminement thérapeutique. Il y a deux approches principales en art-thérapie. Souvent les art thérapeutes vont utiliser ces deux approches dans leur pratique, en fonction des besoins et des objectifs thérapeutiques identifiés. La première approche est « l’art comme thérapie », qui considère que le processus artistique est thérapeutique en lui-même. Selon cette approche, pratiquer une forme d’art en étant accompagné de l’art-thérapeute est déjà thérapeutique et a un pouvoir de guérison émotionnelle et physique pouvant mener à une guérison psychologique. L’art comme thérapie est la plus connue. Cependant, elle contribue à entretenir le mythe courant que faire du coloriage chez soi est de l’art-thérapie, ou encore que tous les ateliers d’art ou de créativité sont de l’art-thérapie. Certes, des études ont démontré que colorier fait baisser le taux de cortisol, mais l’art-thérapie implique toujours un cadre thérapeutique, un théménos, un lieu sécuritaire et confidentiel propice à l’introspection et à la présence à soi. La deuxième approche est la « psychothérapie part l’art ». Cette approche met l’emphase sur l’art en tant que moyen d’expression de conflits intérieurs, d’émotions, d’enjeux et de problématiques de vie. Le processus de création et la production (l’œuvre) sont envisagés comme des outils de communication, et l’exploration des processus de création et des œuvres est centrale. Ce dialogue, au cœur de la triade que constitue l’art-thérapeute, le client et l’œuvre, soutient la recherche de sens. L’exploration peut amener la personne à faire d’importantes prises de conscience, à se comprendre d’avantage et à trouver des pistes de solutions. Au Québec, les arts-thérapeutes ne sont pas considérées d’emblée comme des psychothérapeutes et doivent d’abord faire partie d’un autre ordre professionnel. En art-thérapie (comme en psychologie), il y a différentes approches théoriques qui sous-tendent la pratique clinique : psychodynamique/jungienne, gestaltiste/humaniste, cognitive/comportementale. Les art-thérapeutes contemporains utilisent souvent plusieurs approches (Rubin, Approaches to art Therapy, Theory and Techniques). Puisqu’ils travaillent auprès de clientèles variées (par exemple auprès de personnes autistes, en dépendance, en santé mentale, etc), ils choisissent ce qui est le plus indiqué selon les objectifs thérapeutiques visés (ex: améliorer le fonctionnement, réguler ses émotions, augmenter l’estime personnelle, soutenir un processus de deuil, améliorer les compétences relationnelles, etc.). Cependant, comme en psychologie, les art thérapeutes se spécialisent souvent auprès d’une clientèle et vont privilégier une approche plus qu’une autre. En terminant, j’aimerais vous dire que contrairement aux croyances populaires, l’art-thérapie ne signifie pas interprétation et analyse d’images, au contraire. C’est ce que je vais expliquer dans un autre article. Article précédentArticle suivant Véronique Bérard Art-thérapeute M.A., ATPQ. Facebook Envelope © 2026 Artthérapievéroniquebérard.ca Tous droits réservés